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 P'tit hommage à Alain B.

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Jihem
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Date d'inscription : 21/07/2007
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MessageSujet: P'tit hommage à Alain B.   Sam 28 Mar - 20:52

P'tit hommage à Alain B.



Pour rendre hommage à cet artiste que j'aimais beaucoup voici 2 p'tits articles retraçant son parcours.



Le dernier des Grands

Blues. Bashung chantait un rock poétique et acéré. Hommage.

Etait-il le dernier des grands ? Sans aucun doute, car Bashung fut le seul artiste à avoir atabli une connexion charnelle - inenvisageable aujourd'hui sans lui - entre un rock sombre, violent, désespéré et la chanson française poétiquement sociale, cérébrale et décalée telle qu'elle fut jadis façonnée par un Brel ou un Brassens. Avec Bashung, Vince Taylor rencontrait enfin Rimbaud et Gene Vincent chantait Ferré.

La première fois, que nous nous sommes rencontrés, c'était en 1980. J'habitais alors à Puteaux et de mes fenêtres on voyait la Défense. Jean-Baptiste Mondino, qui réalisait la pochette de « Gaby, oh Gaby » et qui cherchait un décor évoquant une certaine forme de solitude urbaine, trouva que la vue ressemblait à Manhattan et vint donc shooter Bashung chez moi. Le jeune chanteur semblait sur ses gardes, parlait peu, comme s'il voulait rester en dehors du cercle moninien exubérant ou comme un sportif désireux de rester concentré, en réalité il n'était que timide. Cet album était celui de la dernière chance. Bien qu'encore inconnu, ce n'était plus un débutant, il enregistrait déjà depuis 1966, signant alors Baschung, avec un « c ». Il arborait une coiffure mode de jeune homme moderne lorgnant vers les Beatles et sur la pochette de son premier single, « Pourquoi rêvez-vous des Etats-Unis ? », un invraisemblable pantalon à carreaux noirs et blancs comme seuls les golfeurs osent en mettre. Il ne fréquentait aucun green, mais se cherchait encore. Entre Dylan, les quatres prolos de Liverpool, Johnny, Gainsbourg, Lou Reed. Douze ans plus tard, les cheveux en arrière, le regard déjà lointain, il savait enfin qui il était et il fit sauter le « c » de son nom. Puis Gaby explosa en chamboulant à jamais le monde du rock français.

Prisonnier d'un personnage. Alain Bashung naquit le 1er décembre 1947 à Paris, mère ouvrière, père inconnu d'origine kabyle. Enfance passée en banlieue strasbourgeoise où il n'était pas heureux. « On vivait dans un ambiance très France profonde, étriquée, la culture du Picon-bière avec des relents de Vichy - le régime - et la peur de l'étranger. Ma grand-mère m'interdisait de parler aux juifs. » Le succès de « Gaby » puis celui de « Vertige de l'amour » le firent basculer du côté des chanteurs (enfin) à succès mais créa d'autres malaises existentiels. Il se sentit brusquement prisonnier d'un personnage, celui du rocker aux hits surréalistes, vaguement incompréhensibles mais toujours rigolos. Bashung déprime, Bashung boit, Bashung fait le con. Bashung ne sait de nouveau plus où il en est. Il dissout son équipe, se sépare de son parolier Boris Bergman et réinvente une nouvelle fois le rock. Très loin des trois accords du blues. « Le rock, explique-t-il à l'époque, je vois juste ça comme un moyen de transport. Une sorte de brevet déposé, tombé dans le domaine public et dont on peut se servir pour s'exprimer à sa façon. Le rock me suit comme une adolescence qui se perpétue, mais ça ne doit pas m'emprisonner. Certains ont pu penser que j'aimais jouer un personnage de loser, casser sans cesse ce que j'avais construit. Peut-être qu'en fait j'ai beaucoup plus d'ambition qu'eux... »
Tenue de cuir noir de rocker rebelle, textes enfiévrés, lunettes noires, voix de tragédien de cité, silhouette elvisienne découpée dans un halo de lumière blanche. Et ces étranges et marquantes poésies propulsées par des guitares acérées comme les lames de rasoir. Oui, Bashung était le dernier des Grands. Irremplaçable. Emporté le 14 mars par un cancer des poumons. Saleté de gauloises.

Sacha Reins.

Le point - numéro 1905 - 19 mars 2009

Vertige de la mort d'un rocker, d'un poète

Il était apparu très affaibli aux dernières Victoires de la musique. Le cancer du poumon a rattrapé Alain Bashung, hier soir, à 61 ans, au faîte de sa carrière de rocker-poète.

C'était au festival de Bobital (Côtes-d'Armor), l'été dernier, soirée fraîche, ciel menaçant. Il est arrivé sur scène, grande silhouette noire, chapeau, lunettes, foulard, redingote... La démarche lente, légèrement hésitante, il s'est installé devant le micro, face à la foule qui l'a applaudi longuement. Quand quelqu'un est venu l'aider à ajuster la bandoulière de sa guitare, les spectateurs ont vu ses gestes un peu raides et un grand silence s'est fait.
Et puis Bashung a chanté. La voix intacte. Forte, chaude et riche de ce phrasé si particulier. Et le charme a commencé d'envelopper les milliers de fans, certains bouche bée, d'autres fredonnant avec lui les chansons de Bleu Pétrole, son dernier album. Après une heure et demie magique et trois rappels, Bashung s'est retiré, épuisé, laissant la foule redescendre sur terre et se disperser dans la nuit. C'était l'un de ses tout derniers concerts en plein air, et c'était beau, désespérément beau.
Vertige de l'amour, vertige de la mort : depuis l'automne 2007, Alain Bashung se savait atteint d'un cancer du poumon. On l'avait revu amaigri lors des dernières Victoires de la musique, le 28 février. Il avait remporté trois nouveaux trophées, s'ajoutant à huit autres, ce qui faisait de lui l'artiste le plus primé des Victoires. La maladie l'avait contraint à annuler plusieurs concerts ces dernières semaines, et notamment celui prévu hier soir à Longjumeau (Essonne) et ceux programmés les 17 et 18 mars à Paris.

Rocker surréaliste

Perfecto, jean moulant et bottes de cow-boy à l'époque de Gaby, oh ! Gaby, Bashung était un enfant du rock. Il avait grandi en écoutant Gene Vincent et son Be bop A Lula, et la musique country américaine. Son style était imprégné de l'héritage de la chanson française. Le groupe Noir Désir, la chanteuse Brigitte Fontaine, et Serge Gainsbourg : tous le désignaient comme l'un des piliers de la musique française.
Né en 1947 d'un père inconnu et d'une mère ouvrière, Bashung est envoyé à l'âge d'un an vivre chez sa grand-mère, en Alsace. Il y reçoit une éducation catholique et les débuts d'une culture musicale : Strauss, Wagner, et surtout Kurt Weill. Il acquiert la célébrité au début des années 1980, et l'album Pizza, avec les tubes Gaby oh ! Gaby et Vertige de l'amour. Mais il prend très vite le contre-pied, avec Play Blessures, un disque moins facile d'accès, réalisé avec Serge Gainsbourg.
En 1989, il cherche à se renouveler, et commence à travailler avec un autre parolier, Jean Fauque. Pendant dix ans, il sortira de nouveaux tubes - comme Osez Joséphine (1991) ou Ma petite entreprise (19974). Son album, Fantaisie militaire (1998), est un chef-d'oeuvre. Des titres comme La nuit, je mens, Aucun express et Angora figurent parmi les plus profonds et les plus émouvants, à l'égal des plus belles chansons de Brel. Sa poésie étrange, aux limites du surréalisme, met l'auditeur sous l'effet d'un charme quasi-narcotique.
Au seuil du XXIe siècle, Bashung s'était assagi. Il s'était marié avec Chloé Mons, une artiste du Nord de la France, avait eu une fille. Et il avait accouché lui-même d'une perle : L'imprudence, son 11e album, audacieux et difficile. Enfin Bleu Pétrole en 2008, qui marquait un retour aux guitares folk. L'un de ses talents était de savoir s'entourer : Rodolphe Burger, les guitaristes Marc Ribot ou Arto Lindsay. Et ceux de la jeune génération : les chanteurs Miossec, Armand Mélies, Joseph d'Anvers. Il avait une autre passion : le cinéma. Il avait joué pour Fernando Arrabal, Patrice Leconte, ou Samuel Benchetrit.

Didier Aubin.

Ouest-France dimanche - 15 mars 2009

Quelques petits liens en plus :

- Tous les clips de Bashung http://www.alloclips.com/artist/Alain_Bashung/
- Article Wikipédia très complet http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Bashung
- Quelques vidéos sur Dailymotion http://www.dailymotion.com/Alain-Bashung/1

_________________
- Je suis ancien combattant, militant socialiste et bistrot... C'est dire si, dans ma vie, j'en ai entendu, des conneries !

Un idiot à Paris

- Où avez vous appris à dire autant de conneries?
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Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais...elle cause

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