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 Valse avec Bachir

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Jihem
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Messages : 58
Date d'inscription : 21/07/2007
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Localisation : Nantes

MessageSujet: Valse avec Bachir   Dim 12 Oct - 1:24

Si vous vous posez des questions du genre : « Quel film pourrais-je aller voir au cinéma ? », « Quel film vais-je louer en DVD dans 6 mois ? », « Quel film vais-je acheter en DVD dans 1 an ? » ou encore « Quel film vais-je regarder à la télé dans 2 ans ? ».

J'ai une réponse à toutes ces questions :

« Valse avec Bachir »

Un film israélo-franco-germanique (2007 - 1h27) de Ari Folman (*) avec Ari Folman, Ori Sivan, Ronny Dayag, Shmuel Frenkel, Zahava Solomon, Ron Ben-Yishai, Dror Harazi, Iki Leon...

Ari, metteur en scène israélien, a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami en proie à des cauchemards récurrents, au cours desquels il se retrouve systématiquement pourchassé par une meute de 26 chiens. 26, exactement le nombre de chiens qu'il a dû tuer au cours de la guerre du Liban, au début des années 80 ! Le lendemain, Ari, pour la première fois, retrouve un souvenir de cette période de sa vie. Une image muette, lancinante : lui-même, jeune soldat, se baigne devant Beyrouth avec deux camarades. Il éprouve alors un besoin vital de découvrir la vérité à propos de cette fraction d'Histoire et de lui-même...

Résumé du cinéma

Un chef-d'oeuvre sur un MASSACRE

Ovationné à Cannes, mais oublié du palmarès, le documentaire d'animation d'Ari Folman fouille la mémoire israélienne et analyse la cauchemar de Sabra et Chatila. Envoyé spécial de « l'Observateur » au Liban en 1982, René Backmann, lui aussi, se souvient

Autant l'avouer : j'étais curieux mais légèrement mal à l'aise avant d'assister à la projection de « Valse avec Bachir ». Un documentaire d'animation sur le massacre de Sabra et Chatila ? Comment un réalisateur pouvait-il avoir l'idée d'utiliser cette technique pour revenir, un quart de siècle après les faits, sur une sanglante boucherie ? Le succès planétaire de « Persepolis » avait-il à ce point impressionné l'univers du cinéma qu'un metteur en scène avait décidé, comme Marja Satrapi, de s'attaquer à la réalité avec les armes de la BD animée ?

Les souvenirs que j'avais de cet épisode de la guerre du Liban étaient de ceux dont on aimerait ce libérer mais qui ne vous lâchent pas. Comment oublier cet épouvantable matin de septembre 1982 où j'avais découvert, avec un groupe de journalistes, le charnier de Sabra et Chatila. Après deux jours et deux nuits de tuerie, les miliciens phalangistes s'étaient retirés, laissant derrière eux un dédale de ruelles évenrées par les explosifs et des ruines jonchées de cadraves gonflés, hommes et animaux mêlés. Une partie des cadravesavaient été ensevelis dans d'énormes fosses creusées au bulldozer. D'autres étaient enfouis sous les décombres de ce camp, où des constructions anarchiques en ciment avaient succédé depuis longtemps aux tentes des premiers réfugiés. D'autres encore étaient rassemblés, parfois entassés, dans des ruelles écartées que les équipes chargées de collecter les morts n'avaient pas encore visitées. Les crânes scalpés ou fracassés à la hache, les orbites sanglantes témoignaient des tortures infligées par les miliciens. L'odeur était insoutenable. Les hurlements et les gémissements des femmes hagardes qui erraient dans le camp, à la recherche de leurs maris ou de leurs fils introuvables, leurs regards figés par l'horreur nous accompagnaient partout, comme pour nous faire comprendre que nous arrivions bien tard... Des groupes se formaient autour de nous, des voix pleines de colère ou de chagrin voulaient nous dire l'horreur de ce qui s'était passé et les récits se mêlaient aux cris et aux sanglots au point de devenir inaudibles.

Comment un film d'animation pouvait-il, sans être obscène, s'approcher de cette insupportable vérité : sous les yeux des soldats israéliens, qui venaient d'investir Beyrouth-Ouest et faisaient pleuvoir, la nuit tombée, sur Sabra et Chatilades centaines de fusées éclairantes, les phalangistes chrétiens s'étaient livrés à un carnage d'une barbarie inouïe ? Le massacre s'incrivait dans un engrenage d'événement qui s'était mis en marche, trois mois plus tôt, en juin, avec l'invasion du Liban par l'armée israélienne. Le siège de Beyrouth-Ouest, le départ, en août, des combatants palestiniens, l'élection du protégé d'Israël, Bachir Gemayel, à la présidence de la République, sa mort trois semaines plus tard dans un attentat, puis l'entrée de l'armée israélienne dans Beyrouth-Ouest pour protéger, disait-on, la population de la fureur phalangiste : chaque étape semblait, avec le recul, conduire au pire.

« Valse avec Bachir » nous projette sans ménagement, comme des soldats ballotés à l'intérieur d'un blindé,dans la tourmente de cet été de feu, de sang et de mort. Mieux que des tonnes d'artifices pyrotechniques et des bataillons de figurants, l'énergie brutale dégagée par ces dessins en mouvement restitue, avec un réalisme éprouvant, le cauchemar où se sont trouvés plongés les jeunes soldats israéliens témoins du massacre. Car le loup de génie de l'auteur, réalisateur et producteur du film, Ari Folman, est d'être parti à la recherche de la vérité sur Sabra et Chatila dans les méandres de sa propre mémoire. C'est lorsqu'il a réalisé que certaines parties de sa vie s'étaient complètement effacées de ses souvenirs qu'il a entrepris de les retrouver en se lançant dans une thérapie et en interrogeant ses anciens compagnons de combat. Et c'est cette enquête dans le passé refoulé d'une génération d'Israéliens hantés, comme lui, par la vanité de la guerre que nous suivons sur les traces du cinéaste, personnage central du scénario. Fuite en arrière fébrile, investigation psychanalitique, « Valse avec Bachir » est aussi, à sa façon, un travail d'historien. D'une précision de technicien sur certains détails pratiques de la vie quotidienne des soldats - les armes, les véhicules de combat, les uniformes -, il constitue aussi un témognage précieux sur l'attitude d'une partie de la jeunesse et de la population israéliennes face à la « première » guerre du Liban. Le traumatisme psychologique dont tente de triompher le héros-scénariste, combien d'autres soldats, aussi jeunes que lui, jetés dans la guerre à peine sortis de l'adolescence, l'ont affronté ? Leur désarroi, leur colère, leur angoisse face à la mort - celle qu'ils étaient capables de donner et celle qui les menaçait à chaque seconde - étaient d'autant plus insupportables que cette guerre-là, pour une fois, ne semblait pas à la majorité des Israéliens indispensables à la sécurité du pays.

On imagine, dans ces conditions, quel choc fut, pour l'opinion publique israélienne, la révalation du massacre. Certes les soldats n'y avaient pas pris part. Mais leurs chars étaient postés autour des camps, des mortiers israéliens avaient tiré les fusées éclairantes qui descendaient la nuit, susendues à leurs parachutes, au-dessus de Sabra et Chatila, tandis que les assassins étaient à l'oeuvre. Et l'armée israélienne avait installé un PC dans un immeuble de 7 ou 8 étages qui offrait sur les camps une vue imprenable. Les responsables militaires sur le terrain ne pouvaient pas ne pas savoir. Et leurs supérieurs ? La répulsion devant le massacre de Sabra et Chatila était si grande en Israël que près de 500 000 personnes - un Israélien sur douze - descendirent dans la rue à Tel-Aviv, une semaine après la révélation de la tuerie, pour dire leur rejet. Et cinq mois plus tard le magistrat qui présidait la commission d'enquête officielle rendit public son rapport reconnaissant la « responsabilité indirecte » du ministre de la Défense, Ariel Sharon, et du chef d'état-major général, Raphaël Eytan. Les deux durent abandonner leurs fonctions. C'est, vécu au plus près des hommes, ce chapitre de l'histoire du Proche-Orient que reconstitue, avec une puissance d'émotion exceptionnelle, le film d'Ari Folman. Mesdames et messieurs les jurés de Cannes qui n'avez pas retenu « Valse avec Bachir » dans votre palmarès, vous êtes passés à côté d'un chef-d'oeuvre.

RENÉ BACKMANN

Pages 102 et 103 de l'hebdomadaire « Le Nouvel Observateur » numéro 2277 du 26 juin au 2 juillet 2008

(*) Ari Folman est né en 1962 à Haïfa. Documentariste, il est notamment l'auteur de « Made in Israël » sur le dernier criminel nazi extradé de la Syrie vers Israël.

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